jeudi, novembre 15 2007
Par sam le jeudi, novembre 15 2007, 17:23
Journal International de Médecine Publié le 02/10/2007
Dr Odile Biechler
Coudeyre E et coll: «Fear-avoidance beliefs about back pain in patients with acute LBP.” Clin J Pain
2007; 23: 720-725
Les croyances sont des schémas interprétatifs qui conditionnent la perception qu’ont les patients de
leur situation et elles peuvent entraîner, lorsqu’elles sont erronées, une mauvaise adaptation à cette
situation. Chez les lombalgiques chroniques, l’interprétation de la douleur (signe d’une maladie grave,
caractère néfaste de l’activité physique ou du travail) peut aboutir à des conduites d’évitement par
peur de reproduire ou d’accentuer les lombalgies, d’où une diminution des performances physiques et
des reprises de travail.
Pour rechercher la présence de croyances génératrices de conduites d’évitement par peur de la
douleur en cas de lombalgie aiguë, une étude croisée a été réalisée auprès de 709 généralistes
exerçant en France, qui ont accepté d’inclure 1 à 4 patients consécutifs, lombalgiques depuis moins
de 4 semaines. Les soignants ont répondu à un questionnaire évaluant les croyances génératrices
d’évitement, le FABQ (Fear-Avoidance Beliefs Questionnaire). Leurs 2 727 patients ont bénéficié à
l’occasion d’une consultation d’une évaluation portant en particulier sur la douleur, le handicap perçu,
l’incapacité (Quebec Back Pain Disability Scale) et les croyances (FABQ).
Les patients, âgés de 44 ans en moyenne et le plus souvent de sexe masculin, étaient lombalgiques
depuis 5,5 jours en moyenne et le score de la douleur était égal à 6,8/10. Les croyances génératrices
d’évitement de la douleur étaient très présentes, avec un score moyen au FABQ égal à 16,8 pour les
activités physiques (sur une échelle de 0 à 24) et à 19,5 pour les activités professionnelles (sur une
échelle de 0 à 42). Une analyse multivariée a montré que ces scores élevés de croyances étaient
associés à plusieurs facteurs : absence d’activité sportive, score d’incapacité, intensité de la douleur,
mais aussi suivi par un généraliste dont le propre score physique au FABQ était élevé.
Les croyances génératrices de conduites d’évitement par peur de la douleur sont fréquentes et
apparaissent précocement chez les patients lombalgiques. Elles représentent un facteur cognitif
important de chronicisation de la douleur et la lutte contre le risque de passage à la lombalgie
chronique passe par l'éducation des patients mais aussi par la formation des soignants: la
modification de leurs propres croyances leur permettrait de mieux convaincre leurs patients de la
nécessité de rester actif.
aucun rétrolien
Par sam le jeudi, novembre 15 2007, 17:16
Dr Geneviève Démonet
Giordano-Labadie F : « Allergie de contact : quoi de neuf ? ». Groupe d’études et de recherches en
dermato-allergologie : 28e cours d’actualisation (Paris) : 20-21 septembre 2007.
Encore et toujours la paraphénylène diamine (PPD) ! Les cas d’allergie de contact aux tatouages au
«henné» augmentent encore et il faut poursuivre leur déclaration au REVIDAL-GERDA et à
l’AFSSAPS.
La PPD n’est toutefois pas seule responsable dans ces fameux tatouages. Des auteurs coréens ont
en effet signalé la présence de métaux (nickel, cobalt) dans ces préparations. Beaucoup plus
rarement, c’est le henné lui-même qui déclenche l’allergie de contact.
A noter que les tatouages au henné provoquent parfois une hypopigmentation persistante chez
l’enfant.
La PPD est encore utilisée (de façon illégale) dans des teintures pour cils ou sourcils provoquant un
eczéma des paupières et une conjonctivite d’une grande sévérité.
Les hydrolysats de blé dans les cosmétiques
Les hydrolysats de blé sont en vogue actuellement, remplaçant les protéines d’origine animale dans
les cosmétiques et dans l’alimentation. Ils sont responsables de réactions d’hypersensibilité immédiate
mais aussi d’eczémas de contact. On les trouve dans le maquillage pour les yeux, les gels douche, les
sprays pour les cheveux, les vernis à ongles et les lotions nettoyantes [nom INCI (International
Nomenclature of Cosmetic Ingredients) : Hydrolysed wheat protein].
Le nickel, là où on ne l’attend pas !
Les allergènes classiques, comme le nickel, peuvent faire parler d’eux là où on ne les attendaient pas
: des cas d’eczémas de contact au nickel ont été rapportés chez les utilisateurs immodérés du
téléphone portable (joue, région pré-auriculaire et pavillon de l’oreille)….
CAT avec les topiques médicamenteux
Une mise au point sur la conduite à tenir en cas de sensibilisation aux topiques médicamenteux est
parue récemment. En cas d’allergie aux excipients, il faut veiller à préciser au patient le nom courant
mais aussi le nom INCI. Dans la majorité des cas, la sensibilité de contact à un excipient ne provoque
pas de réaction lors de l’exposition systémique à la même molécule (sauf alcool éthylique, aluminium
et éthylène diamine…).
En cas de sensibilisation au principe actif, un accident systémique est possible lorsque la molécule
(ou une autre présentant une réaction croisée) est administrée par voie générale.
Enfin, deux articles parus cette année rappellent l’utilité des tests réalistes avec les produits du
patient. Il semble par ailleurs qu’une sensibilisation active aux parfums par l’intermédiaire des
lessives et des assouplissants soit improbable.
Par sam le jeudi, novembre 15 2007, 17:09
__Dr Claudine Goldgewicht
Ferrante D et coll. : “Cancer mortality and incidence of mesothelioma in a cohort of wives of asbestos
workers in Casale Monferrato, Italy.” Environ Health Perspect 2007 ; 115 : 1401-5
23/10/2007__Des équipes italiennes viennent de publier la mise à jour des données de suivi de la cohorte des
épouses de travailleurs employés à l’usine Eternit, de Casale Monferrato, l’une des plus importantes
installations de production d’amiante-ciment en Italie, opérationnelle de 1907 à 1986. Cette mise à
jour concerne les données de mortalité et l’incidence des mésothéliomes malins chez les femmes
exposées, à la maison, à l’amiante transporté par leur mari, notamment via les vêtements de travail,
lavés au domicile en l’absence de mise à disposition d’un service de nettoyage à l’usine.
La population de l’étude, constituée de 1 780 femmes, mariées à un travailleur de l’amiante-ciment
pendant la période d’emploi de ce dernier, mais elles-mêmes non exposées professionnellement à
l’amiante, a été suivie jusqu’en avril 2003.
En fin de suivi, 67 % des femmes étaient en vie, 32,3 % étaient décédées (la cause du décès étant
connue dans 97,1 % des cas) et 0,7 % avaient été perdues de vue ou avaient déménagé ; au total le
suivi, de 1965 à 2003, a porté sur 51 873 sujets-années.
La mortalité par cancer du poumon n’est pas apparue significativement augmentée (12 cas observés
versus 10,3 attendus), avec un ratio standardisé de mortalité (SMR) de 1,17 (IC à 95 % 0,60-2,04).
En revanche, la mortalité par cancer pleural s’est avérée significativement accrue (21 cas observés
versus 1,2 cas attendus), avec un SMR de 18,00 (IC à 95 % 11,14-27,52), et une incidence de
mésothéliomes de la plèvre significativement augmentée (11 cas incidents, ratio standardisé
d’incidence : 25,19 ; IC à 95 % 12,57-45,07).
L’analyse de la mortalité par cancer de la plèvre selon la durée de l’exposition domestique laisse
apparaître, pour toutes les catégories de durées d’exposition, des SMR significativement augmentés,
plus élevés chez les femmes ayant les durées d’exposition les plus longues (la durée d’exposition la
plus courte étant de 5 ans).
L’analyse selon la latence montre un accroissement statistiquement significatif des SMR, observé au
moins 30 ans après la première exposition (le délai de latence le plus court observé étant de 11 ans).
Cette étude, unique par sa taille, par la durée de son suivi et par son lien à une étude de cohorte
professionnelle, entièrement fondée sur des données officielles issues des registres professionnels et
des archives municipales, met en évidence un risque significativement accru de mésothéliome pleural
chez les épouses de travailleurs de l’amiante, risque lié à une exposition exclusivement domestique